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20 Octobre 2009

Non disponible! Non accessible!

Le manque de transparence de l’aide internationale au développement, la porte ouverte à la corruption et à l’inefficacité 

ATNANA

Sans transparence de la part des donateurs, l’aide humanitaire ne peut être efficace et continuera à subir le fléau de la corruption. Les populations des pays en voie de développement ne pourront pas présider sur leurs avenirs tant qu’on leur refusera l’accès à ces informations.”, explique Helen Darbishire, Directrice d’Access Info Europe.

Selon le rapport « Non disponible! Non accessible ! » (cliquez sur le titre pour le télécharger), seule la moitié (52%) des informations de base qui devraient figurer sur les sites internet des agences d’aide au développement sont disponibles. L’étude a mesuré les informations figurant sur les sites internet de cinq des plus importantes agences internationales de développement : Canada, France, Norvège, Espagne et Royaume-Uni. L’agence humanitaire norvégienne s’est classée dernière, avec seulement 30% d’informations disponibles, et le « Department for International Development » (Département du développement international) du Royaume-Uni est celui qui fournit le plus d’informations, atteignant un score de 68%.

Ces recherches, dont l’objectif était également de suivre les flux financiers de l’aide reçue par cinq pays (Afghanistan, Kosovo, Mozambique, Pérou et Sierra Leone), ont mis à jour plusieurs problèmes, parmi lesquels :

Un processus de décision entouré de mystère : il est souvent difficile de savoir qui décide des sommes allouées au titre de l’aide et comment ces décisions sont prises ; on trouve peu de traces de consultations avec les parties prenantes (Norvège, Espagne) ;

Des informations financières sur la période en cours difficilement accessibles : par exemple, le budget humanitaire actuel du Royaume-Uni se trouve enfoui dans une annexe du précédent rapport annuel ;

Des rapports financiers incohérents : on trouve par exemple une différence de 430 millions d’euros entre un communiqué de presse assurant que la Norvège consacre 1% de son PIB à l’aide humanitaire et le budget global ;

Une absence de mesures anti-corruption : les mesures de lutte contre la corruption que les donateurs appellent les pays en voie de développement à instaurer, comme par exemple l’évaluation des risques de corruption, l’enregistrement des cadeaux reçus, la déclaration des biens, ou encore la protection des témoins ne figurent pas sur les sites internet des cinq agences passées à la loupe ;

 L’intraçabilité des sommes allouées : peu de données existent sur les contrats, et on observe un silence total sur la sous-traitance (France, Norvège, Espagne).

Les agences humanitaires doivent penser “comptes à rendre” et “traçabilité” avant de lancer de jolis sites internet. Nous devons aller au-delà d’une transparence symbolique et permettre au public d’accéder à une information meilleure et plus détaillée sur les flux d’aide extérieure.”, commente Lydia Medland, la principale instigatrice de l’étude.

Transparence globale des agences internationales de développement : conclusions

Score Total

Canada

France

Norvège

Espagne

Royaume-Uni

132

77

62

40

59

90

 

58%

54%

30%

52%

68%


Ce rapport appelle les donateurs à prendre sans tarder des mesures pour augmenter la quantité et la qualité des informations disponibles sur les activités humanitaires et leur financement, en conformité avec les engagements pris à Accra au Ghana en 2008, quand les pays donateurs avaient fait la promesse de « rendre l'aide plus transparent ». 2

Access Info Europe appelle les donateurs membres de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide à adopter des standards exigeants en matière de transparence, conformément aux Principes de transparence de l’aide, qu’Access Info a développés en collaboration avec différentes ONG spécialistes de l’aide internationale et de lutte contre la corruption.  

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